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En 2012, année de toutes les promesses, Jacques Puisais créateur de l'Institut National du Goût n'aura aucune peine à recueillir 500 signatures pour mettre sur le devant de la Seine autant que de la scène son programme de développement durable. 

 

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Avec un tel homme, pas de chenin de traverse; d'un ton énergique, pacifique et didactique contre l'ordre nutritionnel mondialisé, il continue son "Mets 1968" annonciateur de révolution de palais où chacun doit apprendre ou réapprendre le sens de ses cinq sens, avec un slogan que l'on savoure jusqu'à la substantique  moelle :

"Je goûte, donc je suis. Chaque produit doit traduire la gueule de l’endroit et les tripes de celui qui l'a fait"

Le style est brillant, les goûts toujours bien exprimés, le geste onctueux et les marques de courtoisie nombreuses. A son œil malicieux, on devine qu’enfant il devait être premier de terrine et de confitures avec à son tableau d’honneur les félicitations pour le potager. Cet empêcheur de boire et de manger en rond lance à chaque rencontre des appâts pour alpaguer la curiosité grâce à son infinie poésie du quotidien :

«Le goût ne s’achète pas, il se vit »

Les pieds dans les vignes et le cœur dans la cuisine, il hume chaque paysage du monde dans ses moindres replis. Ses mots sont chaleureux et sonnent juste lorsqu’il fustige les vins de puritain dominés par un élevage en barrique excessif. Le matin, il revisite la météo du jour avec un verre de Vouvray et quelques rillons. On sent une liberté d’esprit quelque soit le sujet qu’il soit à Barcelone, Tokyo ou Chinon. A chaque gorgée s’énoncent des phrases, il a tellement d’histoire à faire goûter qu’il semble prêt à inventer la journée de 35h. Ses termes se marient si bien entre eux qu’on les mord jusqu’à la pulpe :

 

"Avaler sans goûter n'est que ruine du palais"

"Il faut réinstaller dans notre temps présent, le temps du goût"

"Au fast food, les enfants mangent avec les doigts, ils sont moins dans le goûter et plus dans le toucher"


"Lorsque s'associent le goûter d'un vin et le toucher de la terre où le raisin a été cueilli,

la perception de l'air,de l'eau, du vent, de la terre argileuse ou sablonneuse... augmente en bouche"

 

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"Le couteau divise et la fourchette rapproche"


Ainsi donc en 2012 sachez déguster pour ne pas vous faire manger...

 

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