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Pour vous présenter mes voeux en 2012 je préfère que ce soit à partir du 12 Janvier à 02H12. Faut-il pour autant se plier en 2 pour souhaiter  la bonne année, vaut-il mieux une bonne tête de gondole qu'une mine confite d'un trader' digest du vin complètement botrytisée. La peau du centre bien tendue, entre rive gauche et rive droite, Jacques Puisais est toujours dans l'essence des sens, et son dernier passage présidentiable sur cette toile a recueilli largement plus de 500 signatures. Son "entre gens" communicative doit s'inscrire dans l'entre 2 de cette année olympique.

Si l'on remonte les millésimes, je me dédoublerai pour décliner les décennies se terminant par 2 avec un vin de Chapelle 1952, Hermitage de jaboulet, acheté une poignée de syhra dans une salle des ventes et superbement soyeux, avec ce qu'il faut de longueur et de délicieux accents truffiers. Autre merveille le Grands Echezeaux 1952 du Domaine de la Romanée Conti, avec sa texture satinée, ses flaveurs de diamant noir et de noyau; la finale montante et aérienne est irrésistible.

 

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Pour 1962, je reste sous le charme d'un Caronne Sainte-Gemme, profond, énergique et encore plein de fruits; ce Haut Médoc qui est l'un des meilleurs qualité/prix du secteur évolue comme ses voisins de Saint-Julien. Sur ce terroir les tanins aristocratiques, les accents de tabac et de cèdre de Leoville-Las-Cases surpassent ceux du 1961. En 1982, 1992 et 2002 ce second qui joue dans la cour des premiers domine la situation.

 

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Pour 1972, passons dans "l'antre de" avec Hubert de Montille et son Pommard Rugiens qui joue de la particule et rugit toujours de belle façon.

An premier de la parkérisation,1982 rayonne encore sur Saint-Estèphe avec un Pez d'une plénitude épicée, un Cos Labory délicieusement réglissé, et un Haut-Marbuzet soyeux, caressant et complet, sans oublier le Montrose aristocratique. Pauillac est très bien armé entre Lafite, Mouton Rothschild, Lynch Bages et Grand Puy Lacoste, cru au tanin énergique de grande classe. Autre style sur l'autre rive avec celui de Bon Pasteur qui offre encore une grande séduction, et un Vieux Château Certan vigoureux. En satellite éclairé, le Tour du Pas Saint-Georges qui regarde Saint-Emilion déploie ses tanins bien lissés.

 

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1992 conserve encore de belles bouteilles de Corton Charlemagne, comme celui dégusté au Domaine Rapet, avec son attaque onctueuse et sa finale tendue, celui de Bonneau du Martray plus tranchant peut encore attendre. Le Montrachet de Lafon en "comte" autant qu'il en promet. En rouge les accents de mourvèdre de Pibarnon commencent à truffer de la meilleure des façons, comme tous les grands Bandol.

 

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2002 odyssée de la Loire! Pour trancher rien de tel qu'une cuvée Silex, complètement daguenesque, un Poyeux du Clos Rougeard d'une grande énergie et un Mont de chez Huet qui montre le chenin des grands secs de Vouvray. On pourrait rajouter un Menetou Salon blanc de chez Minchin aux accents de mangue et d'ananas, avec une bouche onctueuse en attaque et de la fraîcheur derrière. Que dire de la Cuvée Crescendo sur Saumur Champigny bien en mesure avec Dominique Joseph, soliste accompli du Petit Saint-Vincent.Pour se remettre en ligne un Gamay Vinifera de Marionnet se révèle étonnant de jeunesse.

 

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Fêtons dignement l'an neuf avec quelques bulles de Champagne qui donnent de l'allégresse: Vieilles Vignes Legras, 2002 toutes en nuances, subtilité vibrante de l'Amour de Deutz 2002, et vinosité d'un Clos des Goisses 2002 de Philipponat ...

 

 

Pour tous ces entre 2 savoureux et pour tous les autres, 

j'ai envie de vous souhaiter pour 2012

un millésime digne de ce nom.

Bonne année !

 

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