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Une étrange lumière baignait la salle du chapitre des hospitaliers du lavoir un lieu discret, peu connu du grand public qui ressemble comme deux gouttes de chardonnay au  Clos de la Féguine, climat beaunois appartenant en 1998 au sieur Prieur.... et qui est aujourd'hui propriété de la famille Labruyère.

 

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Ce soir là,  Le Prieur du chapitre, l’abbé Touzet, avait réuni la congrégation des petits frères et sœurs de Notre–Dame de bois-sans-soif, pour un chapitre spécial,

 

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en présence  de Sa Grandeur, le Pape François, Pape des poêlons.

 

Je laisse sur le champ la parole à l'abbé Touzet qui va vous narrer ce conte de la Saint-Sylvestre qui permet de tenir une partie de Janvier 2014.

 

"En ce 31 décembre 2013, une étrange lueur baignait la salle des agapes, plongeant les adeptes réunis dans une ambiance, mi-jour, mi-nuit qui soulignait, en les renforçant, les traits déjà  avinés des visages de la docte assemblée.

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Pour en arriver là, chacune et chacun avaient dû affronter, le soir venu, depuis les Marins, les rigueurs de l’hiver et  traverser les périlleux  quartiers de la vieille prison et de la rue de l’Indre. Ils avaient dû aussi franchir la terrible Font Charles dont les abysses recèlent moultes et moultes témoignages d’un passé révolu, pour arriver finalement dans le no-man's land interlope du «Gay aux chevaux », là où se dresse, au sein du clos de la Féguine, Le Noble et fier château de Beaucastel, siège de la congrégation.

Alors même que la chaleur des cœurs et des corps incitait les adeptes à dégrafer les lourdes pelisses qui les avaient protégés pendant leur voyage et leur avaient garanti l’anonymat, au moment même où des propos feutrés mais bien sentis, commençaient à se faire entendre, soudain, un cri rauque et bestial résonna dans la salle du chapitre... « Meurt-Sault ! » entendit-on. Un tumulte de verres brisés s’en suivit. Des corps perdus s’entrechoquèrent et de lourds chaudrons volèrent dans la pénombre. Une servante avisée eut juste le temps et la présence d’esprit de sauver du massacre un homard à la tête de veau, sauce « Mon Bernard » et une poularde dodue flanquée de son ris de veau, l’un et l’autre mijotés par Sa Grandeur, le frère François. Dans l’affolement général, chacun ne pensait qu’à une chose : sauver sa peau et  ses flacons… des Vosne Romanée 1996, des Corton-Charlemagne 2005 ou encore des Champagne Drappier 1976

En un clin d’œil, la salle du grand chapitre se vida. Beaucoup fuirent vers des havres de paix et de réconfort alentour : le château La Cabanne, ou le château du Bon Pasteur ou encore  dans le château Beauregard, propriété du Baron de Gosset-Brabant.

Mais les moins téméraires, et les plus chanceux aussi,  prirent refuge au château l’Eglise - Clinet, tout proche, où le châtelain Penet-Chardonnet les accueillit avec douceur et compassion, en leur offrant son meilleur champagne grand cru rosé, 70% pinot-noir et 30% Chardonnay.

 

Ainsi se termina  cette incroyable soirée …

une enquête est en cours !

Assurément des mesures seront prises pour que l’an prochain pareille aventure ne se renouvelle pas. Il se dit en effet que la congrégation s’apprêterait à accueillir le très Sérénissime "Mon Bernard", grand chancelier de l’ordre du Homard à la nage."

 

Et comme on dit dans la campagne environnante : «  vive l’empereur ! ».

Jean-François Touzet