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Ancien bâtonnier du barreau de Dijon, vigneron de talent sur Volnay, Hubert de Montille était un épicurien de la robe. Le 1er novembre 2014, c’est en soulevant la jupe d’un Pommard Rugiens 1999 au milieu de ses amis qu’il goûta une dernière fois ce  à ce cru fantastique admirable de soyeux, d’énergie et de distinction avec ses accents de tabac, de cèdre et une touche de noyau.

Cette figure picaresque du vignoble mondial garda contre vent et tanins le goût juste des grands pinots de la Côte d’Or alors que dans les années 1980 et 1990, une bonne partie de la Bourgogne faisait dans la facilité. Il connaissait tous les codes du vin et de la table ; acteur majeur de l'Académie nationale du vin, cette tête d’affiche du film Mondovino est mort sur cène comme un preux chevalier du Tastevin en digne commandeur de la confrérie bourguignonne de la tête de veau.

Enfant de Bourgueil et de la Paulée des vins de Loire, Pierre Caslot s’est éteint quelques heures avant la Toussaints des suites d’une longue maladie. Ses Bourgueil 1964 et 1955 avaient enflammé le Grand Tasting et ses millésimes vénérables constituent autant de témoignages des grands cabernets francs. Il avait fait de sa cave de tuffeau, une des plus belles cathédrales du vignoble français ; on s’y laissait bercer par les Busardières, Chevalerie, Peu Muleau, ou Busardières, crus bien en tanins très recherchés des amateurs. Ses anecdotes truculentes, son sens du casse-croûte en faisaient un compagnon de libations très recherché.

Il était au vignoble ligérien, ce que Jean Carmet fut au cinéma, avec la même poésie de la vie. Stéphanie sa fille et son frère Emmanuel perpétuent la flamme.