Lettres de goût par Denis Hervier

25 octobre 2014

Cos Labory

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Ce Cos qui dominait géographiquement le secteur fut divisé en deux à la révolution, avec d’un Côté Cos d’Estournel et de l’autre Cos Labory. Après une nouvelle union en 1845, les deux crus furent définitivement séparés en 1852. Georges Weber acheta les 18ha dans les années 1930 et son gendre François Audoy en devint propriétaire durant le millésime 1959. A sa mort son fils Bernard reprend le flambeau rejoint depuis par ses frères Stéphane et Martial: ici on travaille en famille, sans faire de tapage et surtout sans surjouer les tanins.Grâce à son humour tannique et sa poignée de main merlotée, Bernard Audoy est devenu l'une des figures les plus attachantes du Médoc. Avec lui, on navigue en pleine confiance. Son sens du dialogue explique son élection à la tête du syndicat en 2000.

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Au niveau terroir, Cos Labory offre des similitudes avec son prestigieux voisin, avec toutefois moins de bonnes graves et plus d’argilo-calcaire. Les vins évoluent parfaitement, et la verticale effectuée de 2012 à 1934 prouve qu’il est plus fringuant que bon nombre de châteaux mieux classés du Médoc. C’est une heureuse surprise ! Ce cru moins médiatique que d’autres constitue pour l’amateur un excellent rapport qualité/prix ; en plus la propriété reçoit sur rendez-vous, et vend sur place des millésimes qui ont déjà quelques années de bouteille. On aime lorsque ce vin prend de l’âge : ses accents de réglisse, de tabac, de cèdre voire de truffe constituent une aromatique complexe. Le corps offre une assise de tanins franche bien corsetée.

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Les derniers millésimes ont cette profondeur épicée qui fait le charme de Saint-Estèphe.

Il faut risquer alors le Magnum !

En voici la dégustation complète

 

 

2012: Tanin gourmand bien enrobé avec du dynamisme.

2011: C'est une nouvelle fois l'une des réussites du millésime avec une souplesse en attaque et une belle finale épicée.

2010 : Tanins savoureux, enrobés, accents floraux, c’est élégant, long et précis.

2009 : Vin puissant avec une bonne maturité, très ample, et une superbe allonge.

2008 : On a les accents réglissés classiques du cru, avec un joli fond, du corps et de la profondeur.

2007 : Vin d’une grande franchise de tanins avec la souplesse du millésime.

2006 : Un grand classique, avec de la droiture dans le tanin, et une fin de bouche épicée.

2005 : Le vin évolue de mieux en mieux en bouteille et il offre un raffinement de corps, de texture avec de délicieux accents épicés.

2004 : Tanins encore fougueux, de l’allonge avec un fond épicé.

2003 : Ce vin sèveux possède le volume que l’on est en droit d’attendre sur un classé stéphanois, on a une juste maturité.

2001 : Tanin en tension, belle longueur, de la fraîcheur, épicé, grand classique qui gagne en raffinement au fil du temps.

2000 : Plus rond et profond au nez, avec des accents torréfiés, plus de chair en attaque et une bouche sensuelle. Très belle réussite.

1996 : Robe très sombre, nez profond et compact, les tanins sont longs, épicés avec une fin réglissée. Plus en potentiel.

1995 : Nez de café, de chocolat noir, attaque onctueuse, tanins suaves et bien corsetés. Vin généreux, donne déjà beaucoup de plaisir.

1990 : Nez de café, moka, d’épices orientales, tanins parfaitement fondus, avec ce qu’il faut de suavité, des rondeurs et une belle longueur. Plus long que le 1989.

1989 : Plus tannique, encore de la tension dans le tanin, fraîcheur en fin de bouche.

1986 : Nez réglissé et menthé, le vin se révèle profond avec de la tension et des tanins enveloppants et épicés, belle fin menthée.

1982 : Il y a de la chair, des tanins soyeux, et une belle densité avec une fin sur l’eucalyptus.

1978 : On est en vivacité avec de l’attaque et une trame acide derrière qui tient le vin.

1970 : Nez de réglisse avec quelques accents de truffe, la bouche est splendide, avec une ampleur de première saveur, et une profondeur épicée avec quelques accents de tabac en finale.

1964 : Nez un peu ferreux, belle attaque suave mais derrière le vin se durcit. Il y a un problème sur la bouteille.

1959 : Nez de truffe avec une richesse sous-jacente, en bouche, on a la plénitude absolue, avec une texture suave et de la profondeur, le vin ne bouge pas au bout de trois heures, il reste très grand.

1955 : Nez de réglisse et de tabac, attaque suave avec des tanins longs et droits qui ont encore de la chair et une fin menthée et épicée, c’est un bon classique.

1934 : Heureuse surprise, avec un nez très subtil de raisins de Corinthe, de tabac, de cumin, de menthe ; bouche raffinée, avec une attaque suave, et même si le tanin se durcit très légèrement, la finale menthée et épicée a de la classe.

 

 

 

Château COS LABORY
DOMAINES AUDOY
33180 Saint-Estèphe
Tél. +33 556 593 022
contact@cos-labory.com

http://www.cos-labory.com

 

 

 

Posté par Denis Hervier à 16:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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